Localisation


Le village de Quévy-le-Petit fait partie de la commune frontalière de Quévy, située à une dizaine de km au sud de Mons. Il est localisé au centre de cette commune qui regroupe 10 villages. L’altitude au pied de l’église est de 107 m. Sa population est de 900 habitants. Son territoire, très étiré, s’étend sur 962 ha. Les extrémités sont, à l’est, la route nationale 6 Mons-Maubeuge (pas loin du lieu-dit Cheval Blanc) et, à l’ouest, le village de Aulnois (ancienne gare de Quévy).

Plan

Vue aérienne de l’église et de la rue de Frameries, axe principal de Quévy-le-Petit

Vue aérienne

Vue aérienne opposée qui permet de découvrir un large horizon vers le sud est


Hydrologie


Le village de Quévy-le-Petit se situe sur le versant sud du bassin de la Haine, près de la ligne de séparation avec le bassin de la Sambre (qui coule à Maubeuge). La déclivité du terrain entraîne d’abord ses eaux vers le nord-est en direction de Mons. De là, la Haine les reprend avec elle, de retour vers l’ouest, pour rejoindre l’Escautvia la dépression du Borinage. Le village fait partie du  « Haut-Pays » qui borde cette dépression et qui constitue aujourd’hui un parc naturel.
Compte tenu de sa situation en bordure du bassin versant, le village n’est traversé que par de petits ruisseaux prenant leur source à proximité. Ceux-ci n’en ont pas moins creusé sensiblement le relief à cause du dénivelé important (altitude à Jemappes où les eaux rejoignent la Haine: 30 m au pied de la gare). Ils ont ainsi façonné la physionomie du village, ce qui lui a probablement donné son nom (cf étymologie proposée par Chotin).
Deux vallées s’observent en traversant le village. La première, située du côté de Quévy-le-Grand, est plus large. Elle a abrité le noyau d’habitat le plus important. Les deux ruisseaux du Prissart et du Louvroil s’y rejoignent pour former l’Andoy. Dans l’angle de leur jonction (près du pont), étaient situées l’ancienne place communale et la seigneurie principale du village.

Le vallon

Le vallon creusé par le ruisseau d’Andoy à sa sortie du village

La deuxième vallée, située du côté de Genly, a été creusée par le By. Après avoir traversé le Bois du Tilleul, le By débouche dans le hameau de Bommeteau où il faisait autrefois tourner un moulin. Plus loin, il longe le hameau du Blairon, à l’extrémité duquel il reçoit les eaux de l’Andoy. Il poursuit ensuite sa course vers Bougnies à travers une vallée boisée.

Carte IGN

Sur cette carte ign, on voit clairement les deux vallées creusées par les ruisseaux qui définissent le caractère du village (cliquez pour agrandir)


Géologie


Le village de Quévy-le-Petit fait partie de la meilleure région agricole du pays, la « région limoneuse ».  La couche de limon y est généralement profonde, sauf aux deux extrémités. Au nord-ouest du village, sur les versants du By, la roche est parfois superficielle (terres plus froides et humides);  au sud-est, c’est le calcaire qui affleure sur une large bande (terres sèches).

Couche de craie

Sur cette coupe réalisée près du lieu-dit « Fosse à Cats » ,  la couche de craie est bien présente sous une  faible couverture de limon

Le village apparait ainsi comme à la jonction entre le Haut-Pays à l’ouest et une zone plus sèche, à l’horizon plus ouvert et où le calcaire abonde, à l’est (Harmignies, Vellereilles-le-Sec, …). Cette bande de terrain calcaire explique l’implantation récente d’un vignoble et l’appellation « Les  Agaises » donnée à certains champs (cette appellation traduit très probablement la présence des cailloux de craie en surface, comme c’est le cas à Givry, Haulchin, …).
Par le passé, ces particularités géologiques ont donné lieu à des activités extractives. Au Blairon, près du By, il y eut une carrière de grès rouge; cette carrière est située à gauche du chemin remontant vers la chapelle Ste Anne; elle a été comblée dans les années ’60  mais les pierres qui en proviennent se remarquent encore dans les soubassements des anciennes constructions.

De l’autre côté du village, il y eut plusieurs carrières de craie le long du chemin qui, partant de la chapelle Ste Barbe, longe le vignoble et va jusqu’à la ferme de La Dodole (N 6). Ce chemin était assez communément appelé jusqu'il y a peu le "Chemin du caufour" parce que des fours à chaux contigus aux carrières y transformaient la craie en chaux. Les premières carrières étaient probablement très anciennes (cf lieux-dits « Fosse à Cats » et « Caufour »); les dernières carrières de craie ont cessé leurs activités à la fin du 19e siècle; elles ont été replantées en petits bosquets révélateurs, situés  à droite et à gauche du chemin.

Dans des temps plus anciens, il y eut probablement aussi une activité très primitive d’extraction et de travail de minerai de fer sur le plateau entre le Petit et le Grand Quévy (cf champs appelés « Les Forges », « Les Ferrières » -avec fermes du même nom-, chapelle St Eloi).


Communications


Le village est longtemps resté un peu en-dehors des voies de communication aisées. En 1833, dans un dictionnaire géographique du Hainaut, on écrivait encore à propos de Quévy-le-Petit que « les chemins vicinaux sont montueux et très mauvais en hiver, ce qui rend l’accès de ce village très difficile dans cette saison » (Vandermaelen, Ph).

Tout va changer vers 1866 avec la construction de la route nationale pavée reliant Frameries à Bois Bourdon et vers 1886 avec la construction du chemin de fer. La route nationale offre une bonne liaison avec Genly et le Borinage. Elle fait évoluer la physionomie du village. Les gués sont remplacés par des ponts, l’espace entre les deux vallées tend à se remplir (nouvelle place communale, école, …); plus récemment, la route est élargie et redressée. Le village semble désormais s’étirer d’une vallée à l’autre, tout le long de cette route.

La carte Vandermaelen

La carte Vandermaelen éditée en 1850 permet de comprendre la situation de Quévy-le-petit à cette époque avec cet « accès très difficile en hiver». Pour rejoindre Genly, par exemple, la route actuelle n'existait pas ; il fallait d'abord emprunter le chemin de terre vers Bougnies, avant de bifurquer vers Genly.


Activités économiques


L’agriculture a toujours été la principale activité économique du village. Elle devient progressivement la seule, avec certains services, à mesure que disparaissent les anciens artisanats. Outre ses ressources agricoles et ses services, le principal atout économique du village réside aujourd’hui dans ses communications aisées, notamment grâce au chemin de fer (liaisons faciles avec Bruxelles, …).

L’église Saint Martin

De ce point de vue, seule l’église Saint Martin émerge au-dessus des champs.