Le 7 août 1857, Quévy-le-petit brûle !



Aspect du village en 1844 (cliquez pour agrandir)

Aspect du village en 1844

Ce plan est tiré de l’Atlas des communications vicinales de la commune de Quévy-le-petit dressé par P. DISOIR en 1843-44.
Le curé HECQ, après en avoir pris connaissance , eut l’idée de retranscrire le nom usuel des sentiers de l’époque.
Nous découvrons la partie qui constituait alors le centre du village.
La grand place (1) était située devant la ferme de la Cahotte. La nouvelle place , à l’emplacement actuel, sera créée en 1925. (2)


La grand place au début du XXième siècle, devant la ferme de la Cahotte

La grand place au début du XXième siècle, devant la ferme de la Cahotte.
La rue des Brûlés n’existe pas encore. Elle ne sera créée que 10 ans plus tard,suite à l’incendie. Il n’y avait alors que le sentier de la Verte rue qui se prolongeait avec le sentier Busette (3)  reliant ainsi la rue de la Fontaine (4) ( actuelle rue de Frameries) avec la rue du Point du Jour(5)
La ruelle Madame L’Eveque (6) existait déjà .
De l’autre côté de la rue de la Fontaine se trouvait le sentier des Meuniers (7) qui deviendra , en 1867 , l’actuelle rue Binot.
Les maisons hachurées sont celles qui ont brûlés dans l’incendie.

« …Les cabanes de nos manants , assez agglomérées , sont des maisons très basses avec des murs faits de rondins de bois assemblés, entrecroisés, dont les intervalles sont remplis par une sorte de mortier formé d’argile et de paille hachée : le torchis. Il n’y a qu’une petite fenêtre bien souvent, une porte basse, sans vitre , comme parquet de la terre battue et comme couverture, du chaume. «  Extrait de « Genly , mon village en Hainaut » du Docteur Harvengt


Le 7 août 1857



Depuis plusieurs jours , le beau temps et la chaleur règnent sur le pays., favorisant ainsi les moissons. Le village est pratiquement désert en ce début d’après midi car la plus grande partie de la population , employée dans les fermes, est au champs. Aux environs de 13 heures, dans la maison du vannier Antoine SAMAIN , située sentier des Meuniers, un incendie se déclare. Quelle en est la cause ? Le propriétaire est il présent ? Nous l’ignorons.
Toujours est-il que bien vite, le feu se communique à la toiture de chaume qui s’embrase. Le vent de sud ouest attise les flammes et l’incendie atteint les maisons voisines de l’autre côté de la rue de la Fontaine, vers le sentier de la Verte rue. On sonne le tocsin pour avertir les villageois du drame qui se joue. Les quelques personnes présentes se précipitent avec les  outils dont elles disposent dont des crochets attachés à de forts combiaux (cordes tressées) qu’on lance sur les toits pour en arracher la couverture de chaume. Mais il est trop tard, , l’incendie devient trop important et c’est le sauve qui peut.
La fumée qui s’élève dans le ciel clair est aperçue jusqu’à Gognies-Chaussée et ce sont les sapeurs pompiers de cette petite commune française qui arrivent les premiers au village en feu et luttent comme ils peuvent A 16 h 30 , les pompiers de la ville de Mons partent seulement sur les lieux du sinistre.
Il n’y a plus rien à faire. Toutes les habitations situées dans l’axe des sentiers de la Verte rue et Busette ont brûlé, laissant 23 familles qui ont tout perdu, sans ressources, sans vêtements.
Heureusement, un élan de solidarité général fait  qu’en quelques jours à peine, elles sont secourues et des fonds sont réunis pour leur venir en aide.
Il faudra néanmoins attendre une dizaine d’années pour que le village se reconstruise. Le sentier des Meuniers est élargi et est baptisé rue Binot en l’honneur du bourgmestre de l’époque, Nicolas BINOT. Les deux autres sentiers sont aussi élargis et transformés en rue.
En souvenir du drame de ce 7 août , elle sera baptisée rue des Brûlés.

Maisons de l’actuelle  rue des Brûlés
Maisons de l’actuelle rue des Brûlés


Allons à l’école 

On est enfin parvenu à bâtir une école communale avec logement pour l’instituteur. L’état de nos finances n’a pas permis de comprendre dans les plans le fournil avec four à cuire le pain » - extrait des délibérations du conseil communal du 30 mars 1852

Un chariot transportant vraisemblablement des tonneaux de bière pose devant  l’école

Un chariot transportant vraisemblablement des tonneaux de bière pose devant l’école. A l’époque, la rue de la Fontaine est pavée et le chemin de la Garde est un chemin…de terre.


Quelques années plus tard,  en 1857 ,des sœurs de la Sainte Union des Sacrés Cœurs de Douai ouvrent une école pour les filles dans une maison appartenant à la famille de Patoul.
Elles sera adoptée par le conseil communal le 9 février 1868 « pour tenir lieu d’école communale section des filles »
Les garçons vont donc en majorité à l’école communale et les filles à l’école des sœurs.
Cette dernière fermera ses porte définitivement juste après la seconde guerre mondiale

Le bâtiment de l’école des filles

Le bâtiment de l’école des filles était à cette époque ,entouré d’une enceinte murée.

Petit couvent des sœurs

Sur cette vue on découvre les classes ainsi que le petit couvent des sœurs qui était dans la partie de gauche. Elles disposaient de chambres et d’une cuisine. La classe maternelle se  situait au rez-de- chaussée et la classe pour les primaires à l’étage.

A cette époque, il y avait à l'école communale une classe pour les maternelles et deux classes primaires comptant parfois jusqu’à 40 à 45 élèves par classe.
L'école communale va rester en fonction jusqu'à la création de l'entité de Quévy. La décision est prise de ne conserver que les classes maternelles à Quévy-le-petit, les classes primaires étant regroupées à Quévy-le-grand.
En 2013, une nouvelle crèche est construite dans l’ancienne maison de l’instituteur.